Paranoïa et prise de conscienceA l'instar de
Signes, Phénomènes met en scène une famille qui lutte pour sa survie et son équilibre face à une hécatombe humaine inexpliquée. A sa tête,
Mark Wahlberg incarne un scientifique soucieux de protéger les siens en tentant de percer le mystère de ces événements inquiétants.
Dans sa mise en scène,
Shyamalan a souhaité reproduire l'atmosphère des
films paranoïaques des années 50-60 tout en conservant le message d'anticipation. En écho à la sensibilisation actuelle à l'écologie, il a ainsi imaginé ce qui se passerait si la Nature prenait sa revanche sur l'Homme, avec cette mise en scène si personnelle qui lui est propre.
La Shyamalan touchManoj Nelliyattu
Shyamalan alias M.Night de son prénom, a su créer un style unique dans le sérail du cinéma fantastique. Malgré les échecs commerciaux et critiques de ses 2 derniers opus (
Le Village et La Jeune fille de l'eau), force est d'admettre que ce cinéaste indien a ressuscité la thématique métaphysique sur grand écran. Dès ses premiers
films, Praying with anger et Eveil à la vie, il pose l'obsession qui jalonne toute son Œuvre, à savoir la question de la foi.
Dans l'un, il traite de ses racines hindouistes et des fondements religieux, tandis que dans l'autre, son personnage principal est en quête de l'existence divine suite à la mort de son père.
Dans ses
films ultérieurs, ce sujet est abordé sous le prétexte de fantômes, aliens, et créatures en tous genres. Si le cinéma sombre et suggestif de
Shyamalan tente de bousculer nos croyances, il est aussi réputé pour le sensationnalisme inhérent à ses twists finaux. Les spectateurs de Sixième sens ou
Incassable ne peuvent nier avoir été désorientés par le dénouement de ces long métrages. Gageons qu'il en soit de même pour Phénomènes !